Abeilles, ruches et environnement

Abeilles et leur reine, en CreuseApparue il y a 80 à 120 millions d’années, l’Abeille a accompagné l’aventure humaine. Sur des peintures rupestres préhistoriques, on peut voir des hommes récoltant le miel… Sur les hiéroglyphes de l’Égypte ancienne, comme sur les représentations de la Mésopotamie antique ou de la Chine des premiers siècles de notre ère, la récolte du miel est illustrée. La terre promise est celle où coulent le lait et le miel. Le produit de l’abeille fait figure de première douceur pour une humanité balbutiante. À l’évidence, en ce début de 21ème siècle, l’homme ne peut toujours pas se passer de l’Abeille…

DU PARADIS À L’ENFER ?

En France, depuis une trentaine d’années, les populations d’Abeilles diminuent. Le phénomène touche d’autres pays d’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Cette surmortalité alarmante s’est accélérée depuis le milieu des années 1990 : des ruchers entiers ont été dévastés en quelques années. Les causes de ce désastre ? L’activité humaine et ses dérives, qui intoxiquent les Abeilles.
Abeille sur pissenlit en CreuseLes taux de mortalité les plus élevés sont constatés dans les zones d’agriculture intensive. Heureusement, notre Limousin, zone verte d’élevage et de bocage, reste relativement préservé. La Creuse présente encore une diversité florale à partir de laquelle les Abeilles pourront continuer à nous régaler si nous préservons cette richesse naturelle.

DES FLÉAUX « NATURELS »


Le Varroa, véritable vampire des ruchers, est un acarien qui est passé de l’Abeille d’Asie à notre Abeille
européenne au début des années 1980. Depuis, ce parasite a conquis toute la France et provoque des dommages considérables dans les ruchers. Il s’attaque aux Abeilles, mais également aux larves. La femelle varroa, très prolifique, pond ses oeufs dans les cellules de couvain, ainsi les jeunes parasitent les larves d’Abeilles.
Le Frelon asiatique, terrible tueur d’Abeilles, se propage à toute allure en France. Importé de Chine dans des
poteries, il est arrivé en Aquitaine en 2004 et on constate sa présence aujourd’hui jusqu'en Ile-de-France. Particulièrement agressif, y compris à l’égard de l’homme, c’est un épouvantable prédateur d’Abeilles dont il se délecte. Une dizaine de Frelons en vol stationnaire suffit à décimer une colonie en quelques jours.
Abeille sur fleur de Mauve sylvestre, en Creuse

SAUVER L'ABEILLE !


Abeilles et fleurs vont de pair. Leur relation bénéfique est largement génératrice de la biodiversité que nous connaissons encore aujourd’hui.
« Si l’Abeille disparaissait de la surface du globe, l’Homme n’aurait plus que quatre années à vivre ! » (Albert Einstein).
Contribuant à la survie, à l’évolution et à la reproduction des plantes, les Abeilles participent à près de 80 % de la pollinisation des végétaux, sans laquelle 65 % de la nourriture humaine disparaîtrait de nos assiettes !
Nous sommes tous concernés et tous responsables. Par des pratiques plus responsables dans nos jardins, dans nos champs et généralement dans les activités utilisant le milieu naturel, nous pouvons tous participer à sauver l’abeille.

PRESENTATION D'UNE RUCHE

Coupe d'une ruche : l'organisation des abeilles

Le bas de la ruche : la planche d'envol et le réducteur d'entrée

Comme tout le monde le sait, les abeilles font partie de ces ouvrières les plus courageuses et travailleuses qu'il soit. Elles font de nombreux allers et retours entre l'extérieur et la ruche avec le produit de leur travail : nectar, pollen...etc. Comment font-elles ?

Les abeilles disposent au bas de la ruche d'une planche d'envol avec réducteur d'entrée, c'est la porte d'entrée de la ruche !
Cette planche peut se comparer à un porte avion duquel les abeilles décollent et atterrissent pour entrer et sortir de la ruche. Cette planche d'envol est un carrefour hautement fréquenté par les abeilles. Par exemple une abeille butineuse cherche dès son retour dans la ruche une abeille receveuse pour lui donner le nectar récolté sur les fleurs.

Afin de ne pas contaminer la ruche cette porte d'entrée est tapissée de propolis, cette résine anti-infectieux. Durant l'hiver l'apiculteur ferme cette porte afin de limiter l'entrée du froid dans la ruche et les intrus, tels que les petits rongeurs.

Enfin cette porte d'entrée est le lieu de récolte du pollen. L'apiculteur place à l'entrée une grille, à travers laquelle les abeilles entrantes se frottent faisant tomber de la sorte une partir du pollen transporté sur leurs pattes et tombant dans un réceptacle de récolte.

Le corps principal : les cadres au centre de la ruche

C'est là que la reine pont pour renouveler le cheptel d'abeilles au printemps et où la colonie vit. Cette partie de la ruche se compose habituellement de 10 cadres sur lesquels sont bâtis les rayons de cire. En pleine saison une ruche est composée de 60000 à 80000 abeilles, c'est la crise du logement dans ces moments là et la ruche est pleine à craquer !

LES PRODUITS DE LA RUCHE

Le Pollen

Le pollen, élément mâle des fleurs, est un précieux mets pour les jeunes abeilles de par sa riche concentration en protéines. Il est nécessaire au développement de leurs jeunes organismes en leur apportant tous les compléments nécessaires.

Les abeilles récoltent ces minuscules grains sur de nombreuses espèces de fleurs en passant de l'une à l'autre.
C'est à ce moment là que se joue le rôle d'insecte pollinisateur de l'abeille, en effet en passant de fleurs en fleurs l'abeille véhicule le pollen nécessaire à la reproduction des plantes et des espèces, plantes qui donnent dans de nombreux cas des aliments pour la consommation humaine (fraises, carottes, salades, kiwi...etc).

Les abeilles récoltent le pollen et le transporte sur leurs pattes dans des "corbeilles" spéciales et le ramène à la ruche pour le stocker.

L'apiculteur récolte le pollen à l'entrée de la ruche, en plaçant une trappe à pollen qui va retenir le pollen lorsque l'abeille va rentrer dans la ruche et qui tombe alors dans un tiroir de récolte.

Très bon pour les abeilles le pollen l'est aussi à la consommation humaine !